vendredi 20 octobre 2017

Coup de coeur
Saisons d'Issa, illustré par Erlina Doho



« Un monde de rosée
Un monde de rosée seulement
et pourtant... »

« Je m’en félicite
cette année encore
les moustiques m’attaquent »

« À quoi réfléchis-tu ?
Si longuement
escargot ! »

Dans ce bel album, la dessinatrice d’origine indonésienne Erlina Doho illustre une vingtaine de haïkus, ces courts poèmes japonais écrits sur trois lignes se rapportant souvent à la nature et au temps.


Issa Kobayashi est un poète japonais de la première moitié du XIXème siècle (1763-1828) ; ses haïkus, s’ils suivent le schéma traditionnel, peuvent parfois avoir un côté humoristique ou autobiographique, voire irrévérencieux.
Réaliser un album de haïkus peut donner de grandes libertés, que ce soit dans la mise en page, la typographie (texte en français et en japonais), et bien évidemment l’illustration. Erlina Doho nous donne à voir les 4 saisons : sur une double page, chaque haïku est délicatement illustré à l’encre par un dessin poétique et souvent très réaliste, voire naturaliste avec les insectes.

Une approche de la poésie classique japonaise et de ses possibilités d’ouverture sur le monde.

Un dernier pour les prétentieux :

« sur le chemin du retour
le sumo vainqueur
évite d’écraser les insectes »



Découvrez les ouvrages de fiction dur la 1ere guerre mondiale sur le catalogue en ligne du CDI.

jeudi 19 octobre 2017

mardi 10 octobre 2017

Je Bouquine, octobre 2017


 

« Le personnage de Lila m’a été inspiré par le fis d’une amie qui est sourd. À mon avis, on ne fait pas assez attention à ce handicap qui prive d’un lien social capital et primordial : la communication. Et puis, j’avais envie de parler d’un coup de foudre. Que serait l’amour sans lui, sans cette sensation irraisonnée qui s’abat sur nous sans prévenir ? Qu’elles se terminent bien ou mal, on n’oublie jamais ces rencontres exceptionnelles qui, quelquefois, vont nous entraîner très loin. »

Ainsi parle Marie Bataille, l’auteur de Signes d’amour, la nouvelle du Je Bouquine n°404 du mois d’octobre, pour un dossier sur les histoires d’amour… qui finissent mal. Dans la chanson, la musique, la littérature, les grands mythes, ou le cinéma, on dit souvent que ces histoires malheureuses ont été de grandes sources d’inspiration, comme par exemple:

- Colin et Chloé, dans L’écume des jours, de Boris Vian ;
- Tristan et Iseult, roman de chevalerie du XIIème siècle : sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, feuilletez un manuscrit de cette légende arthurienne, extrait d’une exposition virtuelle sur le Roi Arhur. 


 
- Hazel Grace et Augustus, dans Nos étoiles contraires, de John Green.
- Ulysse et Pénélope : L’odyssée, de Homère, raconte l’errance d’Ulysse qui mit 10 ans avant de retrouver Ithaque, sa terre natale.

Bonne lecture !

jeudi 28 septembre 2017

Nouveauté 


La bibliothèque des citrons, Jo Cotterill, (Ed. Fleurus, 2017)
Deux êtres solitaires :  Calypso et son père. La jeune fille se réfugie dans la lecture depuis la mort de sa mère; son père se réfugie dans la bibliothèque où il passe son temps à écrire. Les rôles sont inversés, Calypso gère le quotidien, les repas; son père est absorbé par l'écriture de son futur livre. L'arrivée d'une nouvelle fille dans l'école de Calypso va transformer sa vie.
Un très beau roman sur l'amitié, l'importance de la lecture - le livre est ponctué de nombreuses références littéraires - Un roman initiatique emprunt de beaucoup d'émotion, de tristesse (car il aborde les thèmes de la solitude, du deuil, de la dépression) mais aussi de joie, Calypso s'ouvrant peu à peu au monde.

La lecture pour s'évader nous renvoie aussi au roman de R. Dahl, Matilda. Même si cette dernière ne lit pas pour les même raisons, elle reçoit aussi l'attention précieuse d'une personne, sa jeune institutrice.
Signalons également le très beau roman de F. Chiarello, Holden, mon frère qui plonge le lecteur dans la vie difficile de Kevin, lui aussi aidé grâce à de nouveaux amis, grâce à la lecture.


J'ai fui l'Allemagne nazie, journal d'Ilse, 1938-1939 (Hassan, Yaël)



Au printemps 1939, alors que les Juifs sont persécutés par l'Allemagne nazie, le régime du Troisième Reich autorise le paquebot Saint-Louis, avec à son bord plus de 900 Juifs, à appareiller pour l'Amérique. Destination La Havane, capitale de Cuba, où les autorités ne les autorisent pas à débarquer. Les États-Unis de Franklin D. Roosevelt ne répondent pas non plus aux demandes pressantes des exilés.
Yaël Hassan nous rappelle cette histoire tragique, déjà évoquée par l'écrivain cubain Leonardo Padura, à travers le journal intime d'Ilse, une jeune fille juive allemande.

En fin de livre, quelques repères historiques et quelques pistes bibliographiques ou cinématographiques:



mardi 26 septembre 2017

Coup de cœur:  

Le garçon qui courait, de François-Guillaume Lorrain, aux éditions Sarbacane




Depuis 1910, la Corée est sous domination japonaise et n'existe plus en tant que telle. Le frère de Kee-chung se révolte mais il est arrêté et envoyé dans un camp. Pour espérer le voir, Kee-chung devra courir 50 km. Le jeune garçon s’entraîne alors à la course, soutenu secrètement par Hee-won, une jeune fille de sa classe. Son instituteur a également remarqué sa volonté et sa ténacité à courir et sera le premier à lui parler du marathon et des Jeux Olympiques.

Kee-chung part alors à Séoul et intègre l’équipe du Japon pour préparer les Jeux Olympiques de Berlin en 1936, où il remporte la médaille d’or du marathon, sous les couleurs haïes du pays dominateur.



La remise de la médaille d'or à Sohn Kee-chung,
  vainqueur du marathon aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936.



L’histoire que nous donne à lire François-Guillaume Lorrain appartient à la fois à l’histoire mondiale et à l’histoire du sport et de l’olympisme. C’est d’abord un roman historique sur la situation de la Corée, colonisée et dominée par le Japon durant la première moitié du XXème siècle, avec ses humiliations et ses faits de résistance. C’est ensuite un roman sur le sport et l’histoire du marathon, un texte qui se lit comme si l’on participait à cette course mythique, de l’échauffement à la victoire finale. Le lecteur assiste, par courts chapitres comme autant de kilomètres parcourus, aux exploits de Kee-chung et à son désir de courir pour son pays.



Le garçon qui courait nous renvoie au film Welcome, de Philippe Lioret (avec Vincent Lindon et Firat Ayverdi) : un jeune réfugié kurde veut apprendre à nager pour pouvoir traverser la Manche et gagner l’Angleterre.

L’Histoire des Jeux Olympiques, de Françoise Inizan, est un parcours du XXème siècle sur cette grande fête sportive qui revient tous les 4 ans. La page sur les Jeux de 1936 à Berlin, sous le joug nazi, nous relate les victoires au sprint et au saut en longueur de Jesse Owens, un athlète noir américain qui mit Hitler en fureur.

La Corée a retrouvé son indépendance vis-à-vis du Japon mais son histoire reste tragique après la deuxième guerre mondiale : la guerre de Corée est une des nombreuses pages de La Guerre froide et conduit à la séparation entre la Corée du Nord, communiste, et la Corée du Sud. Un article de Géo Ado nous présente Kim, 16 ans, qui a fui la dictature de son pays.